Don Giovanni à l'opéra Bastille pour l'anniversaire de Béné (Merci Nikos, Camille, Caro, Adrien et Xavier).

Petit scepticisme avant d'y aller car nous apprenons que la mise en scène est moderne. L'action se passe dans des bureaux de nuit. Don Giovanni et son collègue Leporello sont des cadres (au lieu d'un gentilhomme et de son valet), Zerline et Masetto deux employés de ménage, au lieu de paysans. Le bal costumé est un ensemble de Mickey, le festin est composé de salades dans des assiettes en plastique, la statue du commandeur est en fauteuil roulant, Don Giovanni et Leporello échangent leurs costumes en échangeant... leurs cravates!

En réalité, la mise en scène fait mieux comprendre au spectateur les agissements de Don Giovanni... Il ’y va pas de main morte pour conquérir tous les jupons qui passent. Il est donc plutôt direct avec ses dames, à en avoir l'impression qu'il les force à tous les coup, et malgré tout avec leur consentement! Elles sont toutes prêtes à céder: Donna Anna tombe sous son charme avant qu'elle ne comprenne qu'il a tué son père et son Don Ottavio paraît plutôt être un mari de convenance; Donna Elvira pardonne deux fois à Don Giovanni son inconstance, sur son balcon une première fois et Don Giovanni lui envoie son valet déguisé pendant qu'il séduit sa camériste, puis une deuxième fois, quand elle lui demande de changer, en vain, juste avant le final. Zerlina est prête à le suivre alors qu'elle vient de se marier et s'échappe grâce à Donna Elvira qui dénonce le séducteur.

Cette mise en scène décalée ne gâche pas la musique que nous apprécions grâce aux sublimes voix de Patricia Petibon (Donna Anna), Véronique Gens (Donna Elvira) et surtout le baryton suédois Peter Mattei dans le rôle titre. La performance est éclatante; notre suédois de Lulea joue avec vérité et sa voix extraordinaire et sensuelle en fait un parfait jouisseur!

J'ai découvert quelques trésors de cet opéra, notamment la sérénade à la mandoline, Deh vieni alla finestra, o mio tesoro!, le quatuor Non fi tidar et bien d'autres merveilles encore, notamment les phrases révélatrices de Don Giovanni (Viva la liberta!, lasciare le donne?...). Et puis, j'apprécie toujours et encore les classiques comme l'air du catalogue Madamina, il catalogo è questo, l'air au champagne Finch'han del vino.

Depuis, je suis accro à Don Giovanni et complétement sous le charme vocal de Peter Mattei que j'écoute là: http://www.youtube.com/watch?v=tCpnKXtU7rc, version de la Scala à Milan.

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