Réveil matinal, décidément, nous sommes toujours décalés : coucher tôt, lever tôt ! Nous avons deux lits simples extra larges, recouverts de trois couvertures en poil de lama (vraiment ?).

Le réveil sonne vers 6h35 (comme pour aller travailler) et à 7h, nous sommes à la table du petit déjeuner, avec Erick et la maman, Luz. Pain, fromage au lait de vache, beurre, confiture d’amour en cage. Tout comme la veille, les saucisses en moins. Le thé cannelle et clou de girofle est toujours excellent et le jus de fruit toujours tiède !
Notre excursion à San Juan s'annule d'elle-même, à cause de la pluie et de la brume. Adios nos troix heures de montée et la visite du projet d'irrigation. L'école est fermée car ce sont les vacances; ce sera donc marché aux fruits, légumes et miam ce matin et cuisine cet après-midi. Nous écopons donc d'une heure de repos pour un départ vers 9 heures, dont nous profitons pour passer un coup de balai.

Départ pour le marché en bus local, dix minutes pour Urubamba, la ville d’enfance de Luz. Stand de musiques péruviennes puis marché !

Des pommes de terre de toutes sortes (certaines même déshydratées), du quinoa, du maïs noir et blanc, des épices, des figues de barbarie… Nous achetons un bâton de cannelle, du piment et des baies roses à infuser. Les stands de viande nous font frémir d’horreur : des tripes, peu de réfrigérateurs, des scies à l’œuvre, l’œil m’en tourne !

Retour en taxi-moto : ça vibre ! Nous allons chercher les cochons d’Inde au jardin de la famille. Petit tour des plantes et des fruits qui coexistent dans la jungle du jardin : figues, pêches, orties, tomates cœur de bœuf… Deux chèvres ont investi la chambre de Marcus, un enfant des montagnes qui vit sous la responsabilité de Leonardo et Luz. Nous choisissons quatre cochons d’Inde mâles

Nous avons une pause d’une heure pour discuter dans notre salon en français. Le déjeuner se compose de soupe de semoule agrémentée de frites et de persil, puis de poule aux légumes froids (c’était notre pique-nique de randonnée), puis une mangue en dessert et une infusion à la camomille ou munia.

A moment de tordre le cou à notre dîner, nous convainquons Luz d’épargner un cuy. Echaudage puis dépoilage. Quelques minutes dans l’eau chaude pour qu’ils gonflent bien. Le vidage est affreux, tout l’intérieur sort d’un coup. Et le couteau était mal aiguisé ! Quand on pense que Luz conserve précieusement l’intérieur pour faire un plat, que, heureusement, nous ne goûterons pas ! Une fois vidés, badigeonnés de leur propre sang et farcis d’herbe à cuy, nous les portons au four du village pour 2 heures de cuisson.

Départ pour la randonnée – partielle – vers San Juan. Verdure, cours d’eau, grimpette, chapelle et peintures rupestres. Nous sommes sur des terrasses incas et les canaux d’irrigation, certes rénovés, nous impressionnent. Les incas avaient des connaissances très poussées en hydraulique ! Abrupts escalier en pierre, jardins vivrier dont celui de la famille Rivas, qui, après division entre les 5 enfants, se réduira à de minuscules parcelles.

Nous faisons un arrêt à une petite chapelle, qui est vide. La discussion s’engage et, perchés là-haut, l’air est extraordinairement agréable à respirer. Erick nous montre la ferme du village, où Luz achète le fromage au lait de vache du petit déjeuner et la confiture d’amour en cage.

Nous continuons plus avant, en terrain plat, sur une même courbe de niveau, croisant des dahlias de mille sortes. Nous arrivons au cours d’eau qui alimente le village en eau. Un prétraitement rustique de l’eau du ruisseau consiste en une première sédimentation, complétée en aval par une seconde sédimentation et une chloration que nous n’aurons pas le loisir de voir. L’eau vient d’un glacier, mais pourquoi est-elle si sale ? Nous buvons bien l’eau de montagne dans les Alpes française…

Nous découvrons un peu plus haut des peintures rupestres à flanc de montagne. Comment des hommes ont-ils pu

Comme nous posons des questions sur Marcus, Erick nous explique que les familles du village de Yucay prennent à charge des enfants venant des villages de la montagne. Ils offrent le gîte, le couvert et le nécessaire pour la scolarisation en échange de quoi les enfants aident à la vie de la maison, jardinage, cuisine, etc.

Lors de la descente, le chemin est partiellement inondé, mais nos chaussures de montagne de grande qualité résistent merveilleusement à l’eau, ce qui n’est pas le cas de tout de groupe…

A la maison, Adeline et Béné font la cuisine avec Luz pendant que les hommes vont chercher, Gérald en tongs dans la boue, les cuy al horno. Sylveriana, la jeune fille de 16 ans qui aide Luz, se planque des hommes et rigole. Erick nous dit même qu’elle ne lui parle pas à lui, parce qu’il est un homme. La société garde beaucoup de trace de séparation des tâches, de machisme même ?

Nous, les filles, préparons donc de la farce pour remplir les piments bouillis plusieurs fois (pour atténuer le goût fort). Nous faisons revenir l’ail et l’échalote dans de l’huile d’olive, ajoutons le bœuf en morceaux, puis les carottes et les petits pois déjà cuits. Nous farcissons ensuite les piments et les panons avec des blancs en neige auxquels on ajoute les jaunes et de la farine. Le résultat sur le palais est probant…

Notre dîner de ce soir se compose d’une soupe aux nouilles, de cochon d’Inde, de poivrons farcis, d’une patate et d’une tisane au céleri (bof) ou à la camomille

Comme tous les soirs, nous tombons de sommeil dès 21 heures. Après le dîner, nous nous douchons, selon nos habitudes péruviennes, mais cette fois séparément, snif. J’écris quelques pages dans le cahier en tombant de fatigue et mes yeux se ferment tout seul avant que je n’ais lâché le stylo.

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