Munis de notre guide péruvien francophone, de notre chauffeur de van et unis comme des mousquetaires, nous commençons notre grande aventure ! Echange de nos euros contre des sols au centre-ville de Cuzco, puis promenade sur la plaza de armas avec ses temples solaires convertis en cathédrale et église catholiques.

Ce dimanche, c’est jour de carnaval. Les péruviens se bombardent d’eau, de farine et de mousse Les enfants nous envoient sur la voiture des ballons, remplis d’eau, qui éclatent sur les vitres. Les adultes aussi s’arrosent entre eux. Tous sont plus ou moins déguisés de leurs costumes traditionnels, toujours très colorés !

Nous avons une petite heure de route pour joindre Yucay et la vallée sacrée des Incas. Sur la route, nous découvrons le Pérou rural. Les champs, d’un vert intense s’enracinant dans une terre rouge et ocre, sont parsemés de fleurs tantôt jaunes, tantôt rouges, tantôt mauves. D’éclatantes couleurs !

Les maisons sont bâties avec des briques de terre mélangée avec de la paille que les péruviens façonnent eux-mêmes. Cela donne des murs formés de petits carrés rouges, avec une poutre de-ci de-là en travers en prévision d’une fenêtre ou d’une porte. Parfois, la maison est recouverte de crépit, mais les couleurs vives et artificielles tranchent avec la beauté simple des briques en terre et dénaturent le paysage.

Une vache, un âne ou une chèvre erre de-ci de-là. Chaque famille possède un lopin de terre pour la culture vivrière. La population de Cuzco et de la vallée sacrée vit d’agriculture et d’élevage – pour sa propre consommation – et de tourisme, pour les villes. Sur les terres d’ici sont cultivés des pommes de terre de toutes sortes (fleurs violettes), du manioc, du maïs blanc, jaune ou noir, du blé, de l’orge et de la nourriture pour les bêtes.

 

Nos chambres à Yucay, chez les parents d’Erick, Leonardo et Luz, sont très belles. Nous avons tout un étage pour nous avec un salon meublé typiquement nous permettant de nous retrouver hors de nos chambres. Une belle salle d’eau nous tend les bras. La maison consiste en un jardin central ceinturé de pièces à vivre : l’entrée et la salle à manger côté rue, une chambre et la cuisine côté voisins, et une maison en parpaings sur 3 étages, lieu de vie et de dodo pour la famille.

A peine installés, nous dégustons en famille le plat traditionnel du carnaval, el puchero : de la viande de bœuf, de mouton et d’alpaga avec patates (normales et douces), manioc, poire, pêche…

Avec notre espagnol d’écolier peu assidu, il est difficile de discuter, mais entre deux anges qui passent, nous arrivons à communiquer un peu.

 

Nous joignons la fête du carnaval sur la place du village. Les danses sont malheureusement terminées (à cause du retard de notre avion), mais la musique se poursuit et les gamins se bombardent plus que jamais de mousse. Un arbre a été abattu au centre de la place et les gens portent toujours leurs costumes traditionnels. Passage de main en main d’une bière locale, la Pilsen, avec son gobelet en plastique.

Nous partons pour un tour dans le village avec Erick. Le fleuve Urubamba longe le village. Il reçoit directement les eaux usées de tous les villages qu’il traverse et sa couleur n’est guère engageante et le courant est fort. Malgré cela, à la saison sèche, les jeunes enfants apprennent à nager dedans.

Notre guide nous montre 7 chapelles perchées dans la montagne, qui sont les points d’arrivée des chemins de croix. Chacun des quartiers du village a sa chapelle et, chaque année, à la Pentecôte, une famille monte la croix en procession et régale son quartier.

Nous croisons taureaux, avocatiers (ce sont des arbres !), courges, salsepareille, figues de barbarie et gadoue en quantité !

L’Inca est le chef suprême des quechuas. La culture inca s’est propagée seulement à partir de 1438. Auparavant, les quechuas étaient une tribu pacifique régnant sur la vallée de Cuzco, mais le neuvième Inca, Pachacutec, a commencé de fulgurantes conquêtes, assimilant dans la religion Inca les dieux préincas, et imposant le mode de vie quechua. Les Espagnols, menés par Pizarro, débarquent en 1532 dans un contexte politique défavorable, apportant avec eux des maladies européennes qui font des ravages dont le onzième Inca Huayna Capac. L’empire se délite sur fond de guerre civile et de crimes des conquistadores. Tout ça pour dire que la maison d’un Inca pantin des conquistadores borde la place principale de Yucay…

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